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AFRIKYA  INFOS MEDIAS NET

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Quotidien des informations générales du Congo Brazzaville et de l'Etranger


« L’utilisation de l’Administration publique et territoriale entièrement politisée et partisane, au service du seul candidat du pouvoir » ; a dénoncé la Fédération de l’Opposition Congolaise, IDC, FROCAD, J3M et l’UPC

Publié par Ange Armel MAPOUATA sur 30 Janvier 2021, 08:17am

Catégories : #Politique

Le 29 janvier 2021, la Fédération de l’Opposition Congolaise, IDC, FROCAD, J3M et le Parti Unis Pour le Congo (UPC) ont animé une conférence de presse à Brazzaville ; parmi les orateurs figurent entre autres Clément Miérassa, Paulin Makaya en présence de Michel Mampouya, Albert Makita Mbama et bien d’autres.

 Au cours de ce face à face avec les Chevaliers de la plume et du micro, ces derniers ont exigé la tenue d’un dialogue national inclusif sous l’égide de la communauté internationale et ont lancé un vibrant appel à tous les démocrates congolais où ils se trouvent ( à la majorité présidentielle, dans les Partis du centre, ceux de l’opposition) pour qu’ils n’acceptent pas que la Constitution soit violée.

                                                   APPEL DU 29 JANVIER 2021

                       POUR LE RASSEMBLEMENT DES DEMOCRATES CONGOLAIS

Il est reconnu que dans bon nombre de pays d’Afrique, les élections sont souvent mal organisées et sont source de plusieurs conflits, qui menacent la paix. C’est le cas en République du Congo, notre pays où, depuis 2002, tous les processus électoraux grâce auxquels devraient s’exprimer la souveraineté du peuple par le choix libre de ses dirigeants à tous les niveaux, ont été confisqués par un groupe, qui se particularise par l’intimidation, la manipulation et la fraude massive.

En effet, aucune élection organisée par le régime en place n’a été ni libre, ni démocratique, ni crédible, ni transparente.

L’élection présidentielle de mars 2016 en a été une illustration manifeste dans la mesure où cette élection a été assortie de mesures drastiques d’accompagnement aux fins de réprimer toutes velléités de contestation. Parmi ces mesures absurdes d’accompagnement, on peut relever notamment de nombreux actes de violences comme :

  • La coupure de l’internet et des communications ;
  • La falsification des résultats ayant abouti à un holdup électoral ;
  • La proclamation des résultats à la sauvette ;
  • Le bombardement des quartiers populaires à l’arme lourde ;
  • Le déclenchement de la guerre dans le département du Pool ;
  • La répression des manifestants ;
  • L’embastillement des opposants ;
  • L’arrestation des activités de la paix et de démocratie ;
  • Les tortures suivies de tueries des opposants ;
  • Les emprisonnements et condamnations et condamnations arbitraires des opposants.

A titre d’exemple, cinq (5) opposants sont privés de leurs droits civiques et civiles pour une longue durée de dix (10) ans, et deux (2) anciens candidats croupissent en prison voici près de cinq(5) ans déjà, purgent ainsi les peines allant jusqu’à vingt(20) ans, pour la simple raison de n’avoir pas reconnu les résultats proclamés par le régime.

A quelques semaines du délai constitutionnel de l’organisation de la prochaine élection présidentielle, la situation n’est guère rassurante et se caractérise par :

1-l’absence dramatique et délibérée des listes électorales fiables du fait de la reconduction de la méthodologie dénoncée par la concertation politique de Dolisie en 2013, consistant à déterminer le corps électoral au moyen, d’une prétendue révision des listes électorales ;

2-la reconduction d’une commission d’organisation des élections, non véritablement indépendante selon les standards internationaux reconnus, car composée essentiellement des représentants du régime ;

3-l’utilisation de l’Administration publique et territoriale entièrement politisée et partisane, au service du seul candidat du pouvoir ;

4-la reconnaissance des partis politiques au pouvoir en non-conformité avec la loi mais paradoxalement déclarés réguliers ;

5-la résurgence des associations politiques proches du pouvoir en violation de la loi de la République ;

6-l’absence des sanctions contre les partis politiques proches du pouvoir fonctionnant dans l’illégalité ;

7-la non reconnaissance des partis politiques, qui s’opposent au pouvoir en place ;

8- l’accaparement de tous les médias d’Etat par les tenants du pouvoir ;

9-le déclanchement de la campagne électorale sur toute l’étendue du territoire national avant les délais légaux ;

10-les rassemblements massifs des partisans du pouvoir en violation des mesures barrières de riposte contre la pandémie du coronavirus ;

11-l’utilisation massive et irresponsable des moyens de l’Etat pour la campagne électorale du candidat de la majorité présidentielle ;

12-l’affirmation éhontée du Président de la République comme Président du Parti Congolais du Travail, en violation flagrante de l’article 80 de la Constitution ;

13-l’obstination du Gouvernement à s’opposer à la tenue d’un véritable dialogue national inclusif devant se pencher sur les grands problèmes d’intérêt général, au regard de la grave crise multidimensionnelle que traverse le pays dont la préoccupante problématique de la gouvernance électorale ;

14-l’aggravation de la misère du peuple qui contraste avec l’exhibition arrogante de l’opulence des gouvernants et de leurs proches.

En définitive, comme dans la fable de La Fontaine, « La cigale et la fourmi », le régime de Brazzaville a expressément laissé passer tout le temps de son mandat de cinq (5) ans issu du holdup électoral de 2016, sans s’atteler à préparer l’élection présidentielle de 2021 dans les délais requis ; ceci en dépit de la recommandation faite à Ewo en 2011, qui exigeait au gouvernement d’inscrire dans les budgets de l’Etat les opérations préélectorales dans un timing précis de façon à éviter la précipitation. De même, le pouvoir de Brazzaville n’a pas tenu compte des recommandations des autres concertations politiques, notamment le plafonnement des dépenses des campagnes électorales (Ewo 2011), l’institution des cartes biométriques (Dolisie 2013), l’organisation du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (2017 selon les recommandations internationales), etc.

En conclusion, il apparait clairement un manque manifeste de volonté politique à créer les conditions d’une élection libre, démocratique, crédible, transparente et apaisée. La pseudo concertation politique de Madingou n’a servi qu’à distraire l’opinion nationale et internationale. Le manque de consensus sur tous les points importants en étant la preuve.

Du reste, que peut-on attendre d’une élection dont le Président de la République, qui se sent plus Président du Parti Congolais du Travail et le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, qui en est un des membres du Comité Central, sont juges et parties ?

Dès lors, le Président de la République, qui se trouve devant un dilemme au regard du serment qu’il a prêté solennellement devant la Nation et le peuple congolais de « respecter et de faire respecter la Constitution », doit se placer au-dessus de la mêlée et prendre une décision historique de créer les conditions d’une élection libre, démocratique, crédible, transparente et apaisée.

A ce propos, puisse le Président de la République se rappeler :

  • La déclaration de l’Opposant Dénis SASSOU N’GUESSO lors du meeting URD-PCT du 29 novembre 1992 au Boulevard des Armées : « Cependant est vrai, le fait que jamais, je ne pourrais accepter que la Constitution soit violée…J’insiste pour dire que lorsque la Constitution est violée, les démocrates ne doivent pas l’accepter…Jamais, jamais nous n’accepterons que soient organisées des élections hors la loi… » fin de citation.
  • Le discours du Président de la République sur l’état de la Nation en 2020 : « Nos difficultés de l’heure ne doivent pas nous amener à emprunter le chemin hasardeux et dangereux de l’anti-constitutionalité ».

A la lumière de ce qui se passe aujourd’hui, le constat est cinglant : c’est le paradoxe entre ce qui se dit et ce qui se fait. Le pouvoir en place a violé et continue de violer la Constitution. Il a emprunté le chemin hasardeux et dangereux de l’anti-constitutionalité depuis belle lurette.

En considération de ce qui précède, Nous, signataires du présent Appel :

1-Dénonçons avec vigueur le « Coup de force électoral » en cours dans notre pays. Celui-ci laisse transparaître clairement que les résultats de l’élection présidentielle du mois de mars 2021 vont consister à permettre au candidat du pouvoir d’être élu à l’image de ce qui se passait sous le monopartisme, avant même que le peuple n’aille faire son choix dans les urnes. Ce qui sera une mascarade de plus, inacceptable ;

2-Exigeons la tenue d’un dialogue national inclusif sous l’égide de la communauté internationale ;

3-Lançons un vibrant Appel à tous les Démocrates Congolais où qu’ils se trouvent (à la Majorité Présidentielle, dans les Partis du Centre, ceux de l’Opposition toutes tendances confondues, ceux de la Diaspora et autre), pour qu’ils n’acceptent pas que la Constitution soit violée et qu’ils se rassemblent pour défendre la Démocratie en péril ;

4-Invitons la Communauté internationale à suivre avec une attention particulière la situation du Congo-Brazzaville, notre pays, qui est véritablement en danger.

 

                                                    Fait à Brazzaville le 29 janvier 2021

 

Les signataires

Pour la Fédération de l’Opposition                Pour le parti Unis Pour le Congo

Le Président par intérim                                               Le Président

Clément MIERRASSA                                                   Paulin MAKAYA

Le 1er Vice-Président

Michel MAMPOUYA

Le 2ème Vice-Président

Albert MAKITA MBAMA

 

 

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